LES APPATS A TRUITE

Les vers, de grands classiques

 

 

Le ver de terre constitue un grand classique parmi les appâts du pêcheur de truites. Toutefois, il convient d’en distinguer plusieurs catégories au sein de cette famille :
Le lombric ainsi que le ver canadien sont de gros appâts plutôt lourds qu’il convient d’utiliser principalement lorsque les eaux sont froides et les truites peu actives sur le fond. C’est en fait une proie idéale pour des truites tapies sur le fond qui attendent une nourriture providentielle. Il est donc tout à fait évident que le lombric est un appât susceptible d’intéresser les grosses truites, pour le pêcheur qui sait les traquer au plus profond des fosses. On trouve les lombrics dans les prairies herbeuses en fin d’hiver ou au début du printemps. La méthode la plus efficace pour en ramasser une bonne quantité en peu de temps consiste à utiliser une barre à mine, à la planter profondément dans le sol et à l’agiter rapidement de droite et de gauche. Les vibrations ainsi produites font alors rapidement éjecter les vers qui rampent aussitôt en surface et il n’y a plus qu’à les cueillir. Pour les vers canadiens, il suffit des les acheter dans les magasins spécialisés. Pour conserver ces vers, l’idéal reste de les stocker dans un endroit frais dans une caisse en bois garnie de mousse humidifiée.
Le ver de terreau se reconnaît à sa petite taille et à sa couleur rosée. Il est utilisé principalement lorsque l’eau est assez claire et pas trop froide. Il est toujours possible d’en récupérer dans les fumiers mais il est aussi beaucoup plus pratique (et également beaucoup plus agréable) de les acheter directement chez les détaillants. Ils sont parfois commercialisés sous le nom de "dendros". Sur une ligne assez légère, le petit ver rouge reste très polyvalent dans les premiers mois du printemps. En été, son efficacité décline un peu, même s’il peut toujours séduire une truite.




La teigne


Cette célèbre chenille d’un papillon, parasite de la ruche, s’est taillée au fil des ans une solide réputation. A signaler également que le "tébo", une teigne géante avec des reflets rosés, est également susceptible d’intéresser le pêcheur aux appâts. La teigne séduit inévitablement par sa ressemblance avec un porte-bois débarrassé de son fourreau. Son corps jaune, dodu et tendre en fait une esche sensible qu’il faut fixer avec précaution, en utilisant si possible des hameçons fins de fer.

 

La teigne est avant tout une esche très polyvalente. A l’aise dès le début de la saison pour les pêches en ruisseau, elle se révèle également très performante pour pêcher au toc dans les grandes rivières. En plein été, elle continue à rester très performante à condition de l’utiliser avec des bas de ligne très fins et légers. Ajoutons également que la teigne est très facile à se procurer puisqu’il est tout à fait possible d’en acheter durant toute la saison de pêche chez les détaillants en articles de pêche. Elle est vendue dans de petites boîtes garnies de sciure de bois et il est tout à fait possible de la garder plusieurs semaines en la conservant au frais dans le bac à légumes du réfrigérateur familial.
Toutes ces qualités ont pour conséquence que la teigne est un appât très couramment utilisé et il est d’ailleurs fort probable qu’il s’agisse de l’appât le plus utilisé par les pêcheurs au toc. Ce succès, qui engendre une utilisation particulièrement abondante sur certains secteurs, fait penser à certains spécialistes que la teigne serait peut-être un peu moins efficace qu’il y a quelques années. Elle n’en reste pas moins un fabuleux attrape truites, à recommander vivement à celui qui souhaite se mettre à la pêche aux appâts.




Les larves de trichoptères


Ces célèbres larves présentent l’avantage de se trouver dans la rivière. La cueillette s’effectue donc en soulevant doucement les pierres plates ou bien encore les pièces de bois qui tapissent le fond de la rivière. Certaines rivières sont particulièrement riches en trichoptères, d’autres moins mais il arrive également que certains tronçons soient fortement colonisés alors que d’autres en sont beaucoup moins riches. On distingue classiquement deux sortes de trichoptères :
Les trichoptères à fourreau disposent, comme leur nom l’indique, d’une coquille constituée par un amas de petits branchages ou de graviers. On parle alors de porte bois ou de porte pierre. L’usage veut que l’on débarrasse la larve de son étui pour l’eschage. Sachez cependant que lorsque la pression de pêche est forte, il est parfois utile de conserver l’étui. Les larves deviennent généralement matures à partir de la mi-mai où elles vont alors se transformer en pupe, inexploitable pour le pêcheur au toc.
C’est donc souvent au début du mois de mai que ces larves arrivées à maturité seront les plus intéressantes.
Les trichoptères sans fourreau construisent souvent une petite cachette en gravier dans les failles des pierres du fond du cours d’eau. On les récolte sous ces amas de graviers en prenant soin de ne pas les abîmer.
Les larves de trichoptères sont des appâts qui peuvent se conserver plusieurs jours dans une boîte en bois (genre petite boîte à cigares) garnie de mousse humide. Elles craignent surtout les fortes chaleurs.




Les larves d’éphémères


Toutes les larves d’éphémères que l’on rencontre dans les cours d’eau sont susceptibles de convenir, mais il faut bien avouer qu’une grande majorité d’entre elles se révèlent bien difficiles à escher sur un hameçon. Reste toujours la possibilité d’utiliser les larves artificielles prisées par nos collègues pêcheurs à la mouche, mais il s’agit là d’une technique qui se singularise de la technique classique.
Les larves d’éphémères susceptibles d’être utilisées sont donc des larves de bonne taille (au minimum 10 mm) pour des raisons de confort d’eschage. On pense bien entendu à la célèbre petite bête, larve de la non moins célèbre mouche de mai. On la rencontre dans le substrat sablonneux voire vaseux des cours d’eau de première catégorie. Il est donc indispensable de disposer d’un tamis et d’une petite passoire pour s’en procurer. Une fois encore, c’est durant le mois de mai et le début du mois de juin que les plus grosses larves arrivent à maturité. Il reste toutefois toujours des larves présentes au delà mais la densité disponible est bien moindre, ce qui occasionne une recherche un peu trop longue à mes yeux.
Les larves d’éphémères se conservent dans les mêmes conditions que les larves de trichoptères. Elles sont cependant toujours plus fragiles. Il faut surtout éviter les surpopulations qui peuvent entraîner des mortalités totales de votre cheptel.
Les larves d’éphémères sont des appâts fragiles qu’il convient d’utiliser sur des lignes très légères. Les hameçons très fins de fer sont impératifs. Pour l’eschage, la pointe de l’hameçon piquée dans la partie caudale de la larve est souvent la meilleure solution. Elle présente l’avantage de permettre des mouvements à notre appât mais laisse l’hameçon assez visible. Sa pointe demeure très piquante et provoque des recrachés rapides de la part des truites ainsi que des accrochages sur le fond ou dans les herbes assez fréquents.




Les mouches naturelles


C’est un appât qui demeure au final assez peu utilisé par les pêcheurs au toc alors qu’il donne des résultats insoupçonnables, notamment en période de basses eaux. Les spécialistes de la pêche au toc, qui continuent à arpenter les abords des cours d’eau lors des belles soirées de printemps ou premières journées d’été, n’ignorent rien des qualités des mouches naturelles. Il s’agit ni plus ni moins d’un véritable piège pour les truites qui en consomment régulièrement au fil de la saison.
Plusieurs mouches sont susceptibles de convenir pour être mises sur l’hameçon. En période d’éclosion de la mouche de mai, un insecte présenté entre deux eaux par un pêcheur au toc trouve souvent preneur alors que l’imitation de ce même insecte, présentée en surface par un pêcheur à la mouche artificielle, risque d’être souvent dédaignée. Les mouches de maison ou mouches à viande sont également preneuses. En ce qui me concerne, pêchant depuis ma plus tendre enfance dans des prairies normandes, je dois bien avouer que les mouches de bouse (que l’on rencontre bien entendu là où vous imaginez) ont souvent retenu mon attention en raison de leur présence permanente. Et malgré leur petite taille, montées seules sur un hameçon de 16 ou en tandem sur un hameçon de 12, elles m’ont souvent permis de connaître le succès alors que bien d’autres pêcheurs trouvaient la rivière déserte.




Les grillons et les sauterelles


Il s’agit d’esches de fin de printemps et d’été d’une rare efficacité. Je les utilise pour ma part très faiblement plombées, voire pas plombées du tout. Esché sur un hameçon de 8 à 12 et dépourvu de lest, un insecte de ce type va flotter quelques secondes puis va lentement s’immerger. C’est en effectuant de longues dérives naturelles sur un fil très fin qu’il m’arrive de prendre les plus grosses truites lors des fins d’après midi d’été. Cette pêche de sioux qui implique beaucoup de discrétion est particulièrement visuelle. Il ne sera pas rare que vous aperceviez une belle truite avancer avec avidité vers votre sauterelle.
Les sauterelles sont assez faciles à trouver l’été. Il suffit de se promener dans les champs non traités pour les voir sauter devant vous. Reste ensuite à faire preuve de patience en les poursuivant après chaque bond. Il suffit de les récupérer lorsqu’elles s’octroient quelques secondes de repos. Pour les utiliser durant la partie de pêche, l’idéal reste de les stocker dans une petite boite garnie dans le fond d’une chaussette de femme en Nylon. Les petites griffes des sauterelles viennent rapidement se prendre dans les mailles du filet !

 

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